Rencontre du 7ème Art : BOUH!

 

BOUH !

Je vous ai fait peur ? Tant mieux, car nous voilà arrivés à mon mois préféré \o/ La période parfaite pour se blottir sous un plaid et regarder plein de films en se goinfrant de bonbons jusqu’au bout de la nuit. Et pour changer un peu des traditionnels Tim Burton, John Carpenter et autres Wes Craven, maîtres incontestés d’Halloween que l’on revoit (avec plaisir !!) chaque année, voici une petite liste de chouettes chauve-souris films qui embrumeront votre soirée du 31 octobre. (Note pour moi-même : ne plus jamais refaire cette blague.)

Et comme tout le monde n’est pas sensible de la même façon à la peur et à l’horreur, je donnerai pour chaque film une « note d’effroi » tout à fait subjective qui caractérise le niveau de peur du film, accompagnée de petits trigger warnings. J’insiste sur l’aspect subjectif de la note, et précise que j’ai préféré surnoté certains films pour adapter cette chronique aux moins téméraires d’entre nous.

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Pas David Bowie

THE HUNGER

Tony Scott, 1983

Note d’effroi : 2/5 – Rien de bien choquant ici a priori

Catherine Deneuve et David Bowie en couple de vampires bisexuels, que demander de plus ?? Dans cette romance fantastico-horrifique, Tony Scott s’amuse à détricoter la mythologie vampirique (oui vous avez vu, je respecte doublement le thème de cette édition !!) en mettant en scène un vampire qui, après 300 ans de « jeunesse éternelle », se voit subitement rattraper par son âge. Étrangement, son épouse n’est guère surprise par cette soudaine malédiction qu’elle a vu, dans un autre temps, emporté son ex-compagne.

Pas de grande terreur ici, mais une histoire de vampires originale qui, en enfreignant insolemment toutes les règles du genre (jeunesse éternelle, absence de reflet dans les miroirs, sensibilité aux objets religieux), parvient à imposer sa propre mythologie. Le réalisateur laisse le temps à ses personnages magnifiquement incarnés, notamment par une Catherine Deneuve d’une froideur implacable, d’évoluer dans un environnement complètement hors du temps qu’il dépeint à travers une mise en scène élégante et à l’aide d’une bande-son classique faite de Schubert, Bach, Ravel… On notera tout de même la décrépitude rapide du vampire désemparé qui met mal à l’aise, d’une part car il n’est jamais agréable de voir David Bowie se rapprocher de la mort (Blackstar dans mon cœur), d’autre part car les transformations physiques de vieillesse accélérées sont, au cinéma, une formidable source d’angoisse existentielle et de dégoût corporel (coucou Old de M. Night Shyamalan).

Vous n’êtes toujours pas convaincu·e ? On voit David Bowie jouer du violoncelle. Moi, ça me suffit.

 

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Bizarre ce blocus

Us

Jordan Peele, 2019

Note d’effroi : 5/5 – Screamers, Scènes de forte tension, Charac design dérangeant, Violence

Vous connaissez peut-être Jordan Peele pour son excellent Get out, thriller horrifique qui avait fait sensation lors de sa sortie en 2017. Dans Us, sorti deux ans plus tard, il met en scène une famille avec deux enfants, partie en bord de mer pour les vacances. Par une douce soirée d’été, leur maison va être prise d’assaut par deux adultes et deux enfants silencieux vêtus de combinaisons rouges… Ils vont bientôt s’apercevoir qu’ils sont face à leurs doppelgängers, des doubles maléfiques.

Us est un film terrifiant qui parvient à investir bien des champs différents de l’horreur : scènes de tension ultime, screamers, violences physiques et psychologiques, lieux angoissants, personnages dérangeants à bien des égards… Un cortège bien organisé de techniques d’épouvantes assez classiques mais diablement efficaces, scandant d’une seule voix les mêmes mots : l’enfer, c’est les autres ; les autres, c’est nous. Et comme dans Get out, Jordan Peele profite d’avoir l’attention du·de la spectateur·trice effrayé·e pour parler politique en filigrane. Si son précédent film traitait clairement du racisme passé et présent de la société états-unienne, Us peut être vu comme une métaphore des inégalités sociales aux US. L’horreur ne réside alors plus dans l’agressivité de ces alter ego maléfiques, mais dans la violence d’un système politique qui fixe dès la naissance si un individu appartiendra à la classe des gens qui réussissent ou à celle des gens qui ne sont rien – les deux n’étant que les deux faces d’une même pièce, pour reprendre les mots du réalisateur.

Et y a des petits lapins aussi !

 

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Maman, il me fait peur cet article du Chica :((

THE OTHERS

Alejandro Amenábar, 2001

Note d’effroi : 3.5/5 – Rien de particulier, mais une atmosphère très efficace

A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, Grace vit recluse dans un grand et sombre manoir avec ses deux enfants et ses trois nouveaux domestiques. Isolés sur une île de Jersey en proie à un brouillard permanent, ils n’ont pas le moindre contact avec l’extérieur. Pourtant, l’aînée des deux enfants affirme voir régulièrement d’autres personnes dans la maison.

Sur le papier, on pourrait croire à un énième film de maison hantée/fantômes pas très intéressant. En réalité, The others est une petite pépite. Loin des clichés du genre, le film fonctionne grâce à une atmosphère pesante, mystérieuse et inquiétante, bien installée grâce à des choix avisés sur les plans scénaristique, avec ces personnages intrigants qui ne se découvrent que lentement ; visuel, avec cette lumière tamisée par le brouillard et les rideaux toujours fermés du manoir, qui ne révèle que des pièces vides entourées de murs aux couleurs froides ; et enfin sonore, avec cette subtile bande-originale orchestrale (écrite par le réalisateur en personne!) mêlant douces mélodies et écrasantes dissonances. Il joue également sur un certain suspens avec plusieurs scènes de tension assez intenses et une mise en scène rappelant parfois Hitchcock. On retrouve d’ailleurs cette dernière référence dans le personnage de Grace, jouée par une touchante Nicole Kidman. Plus encore, le scénario particulièrement bien écrit n’est pas sans surprises et ouvre, éventuellement, quelques réflexions philosophiques.

 

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Je voulais faire une blague sur Gryffondor vs Serdaigle mais je ne suis pas certain que ce soit du bleu et du rouge

SUSPIRIA

Dario Argento, 1977

Note d’effroi : 4/5 – Sang/Gore, Screamers

Bon, comment je présente ça moi ?

Alors que la jeune Suzy vient de rejoindre l’une des plus prestigieuses académies de danse classique au monde, une série de meurtres violents et inexpliqués se produit. Toutes les victimes semblent liées à sa nouvelle école. La jeune étudiante entame alors une enquête qui pourrait bien la pousser à croire au surnaturel.

Plus on avance dans Suspiria, plus on s’enfonce dans un cauchemar fantasmagorique (c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de le placer celui-là). Le film se démarque par son style visuel hors du commun devenu culte, fait de couleurs vives et intenses et de décors psychédéliques. Une esthétique qui renforce le gore des meurtres pourtant déjà bien effroyables, les victimes rendant leur dernier souffle dans une effusion d’un sang rouge éclatant. Le caractère outrancier de l’œuvre est également appuyé par la bande-originale possédée et obsédante du groupe de rock progressif Goblin, que je vous invite à ajouter à vos playlists d’Halloween même si vous n’avez pas vu le film.

 

J’espère que vous trouverez votre bonheur malheur dans cette liste, et si jamais vous n’arrivez plus à dormir pendant quelques jours après votre soirée cinéma… Je décline toute responsabilité !!

 

 

 

 

 

Commentaires

1. Le dimanche 18 octobre 2026, 21:50 par Mal

Cette liste est d'enfer ! Deux que je connais bien et deux qui m'ont fait envie, merci pour ces idées de malheur ahah Les petites touches d'humour m'ont fait bien sourire, et comme ça l'article fait un tout petit peu moins peur...

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