La désillusion


Les oiseaux gazouillent, la rivière coule allègrement sur les galets en produisant un son mélodieux, et les arbres se sont couverts de jolies petites fleurs blanches en gage de paix et de fraternité avec le reste du monde. Mais oui bien sûr.

Laissez-moi juste vous rappeler que nous sommes en novembre, que les oiseaux sont partis vers des terres plus accueillantes (notre pays n'aime pas les immigrants et ces foutus piafs n'ont pas de papiers) ; que la rivière en question est le résidu d'une pluie très intense qui balaya tout sur son passage, y compris le système de récupération des eaux, bouché par des paquets humides de restauration rapide ; et que les arbres nous font allègrement la gueule depuis des générations parce qu'ils, je cite « ont le travail le plus ingrat du monde [nous fournir de l'oxygène en échange de notre pollution excessive et nos élagages forcés, NDLR] et même pas de syndicat ». Du coup, chers lecteurs, oubliez les petits oiseaux, les rivières mélodieuses et les arbres qui vous aiment, les contes vous mentent et vous le savez très bien.

Encore que les contes sorciers ne mentent pas tant que ça. Ils ont la délicatesse de vous prévenir qu'arracher le cœur d'une donzelle, ce n'est pas une bonne solution de séduction, et qu'en général, un sorcier qui laisse ses voisins crever la bouche ouverte dans le caniveau n'a pas la conscience tranquille.

Les moldus, eux, chouchoutent leurs petits bouts d'êtres humains et considèrent qu'ils faut les protéger des malheurs du monde ainsi que de l'horreur des comportements humains. Une question vous travaille, et comme vous êtes un lecteur concentré, elle ne concerne pas ce que vous allez manger ce soir, mais bien :« Comment peut-on avoir confiance en une humanité qui préfère se présenter de manière différente à ses enfants parce qu'elle estime que dans sa forme naturelle, elle est trop effrayante ? »(reprenez votre souffle)(voilà c'est bien)(maintenant buvez ça et arrêtez de pleurer, c'est pas si grave).

Bon. Cette problématique était super classe, mais commepersonne n'a confiance en l'humanité, elle est de fait un peu vide. 

Les moldus donc, transforment la réalité pour la donner à manger à leurs enfants de manière édulcorée et bourrée d'anti-vomitifs. Seulement, que ce passe-t-il lors de cette transformation ? Ce sera notre nouvelle problématique, moins classe mais plus facile à traiter sans faire sauter mon faible lectorat par la fenêtre, après tout je suis un pragmatique : je sais très bien que je ne peux pas me le permettre.

Nous allons donc plutôt nous intéresser aux raisons qui me poussent à penser que ce punaise d'escroc de Walt Disney doit à la maison Serdaigle des millions de gallions en droits d'auteurs, et qu'il a intérêt à aller se cacher sur la planète Mars s'il ne veut pas avoir mon Représentant Charismatique devant la Loi [avocat pour les incultes NDLR] aux miches.


Raison n°1 : des princes peu nombreux

Vous l'aurez sans doute remarqué, les princes des contes adaptés par Disney ne se bousculent pas au portillon. C'est relativement étrange, étant donné que des princesses en détresse ça ne courre pas les rues et qu'en général, la perspective de passer pour un héro tout en empochant un royaume en héritage, ça en attire plus d'un. Pourtant non, il n'y a qu'un prince par conte dans la plupart des cas, pour plus de deux donzelles en moyenne (ferme immédiatement cette bouche, c'est moi le rédacteur c'est moi qui décide). Or...ces chiffres me font étrangement penser aux pourcentages de personnes de sexe masculin remarqués à Serdaigle. On pourrait crier à la coïncidence, mais nous ne sommes pas des bandimons et nous cherchons délibérément le scandale, jusqu'à ignorer les nouvelles productions de la firme et à manipuler les chiffres, donc nous demandons officiellement à Disney d'aligner les sous-sous. Et puis je suis un mec, et j'en ai marre d'être réduit à un être mielleux et sans personnalité ou à un méchant sans scrupule dans les contes de princesses (je ne dis pas que les filles sont mieux traitées, baisse donc ce fouet et lis la suite avant de me juger).

Raison n°2 : des princesses un peu (beaucoup)incompétentes


Je ne sais pas vous, mais des filles bizarres qui minaudent dans leur tour en attendant patiemment d'être sauvées par...elles ne savent pas qui, parce qu'elles n'ont jamais vu personne à part leur reflet, leur animal de compagnie extrêmement expressif et leur bourreau -spéciale dédicace à Raiponce, au nom aussi désespéré que sa situation- me laissent relativement interdit. Elles apprennent à faire des gâteaux, des bougies, du sport, de la peinture, lisent et cousent, mais ne serait pas foutues d'apprendre à fabriquer une échelle ou à trouver par quelle manière leur bourreau est arrivé à monter in the first place. C'est un concept qui rappelle la fille moyenne à Serdaigle : super maligne, intelligente et tout le toutim, mais apparemment pas assez pour échapper à une vie de jugements abusifs dans une école qui n'est pas à la hauteur de ses ambitions et dont un des directeurs originels à caché un serpent tueur dans les toilettes.

Je n'ai pas trouvé de troisième raison, pour la simple et bonne raison que je n'ai pas été épargné par l'épidémie de flemme qui secoue la galaxie à l'approche de Noël. Les serdaigle les plus pointilleux diront qu'il reste encore un mois, et que tout ça est bien prématuré. Moi, dont la mauvaise foi n'a d'égal que mon incroyable vulgarité, je vous dirai que novembre, c'est un mois suffisamment pourri pour que l'on puisse se permettre de faire une croix rouge dessus en chantant C'était un hippogriffe dans la neige, lalilala

Article rédigé par Lume, illustré par Serenity Railgun

Commentaires

1. Le dimanche 30 novembre 2014, 18:57 par Lume

Je viens de voir mes fautes mes oiseaux, je m'en excuse platement (aa)

2. Le vendredi 5 décembre 2014, 18:18 par Cameron O'Brien

J'ai dû relire la première problématique trois fois pour la comprendre à peu près, et les parenthèses m'ont fait mourir de rire. :')
J'adore le ton décalé de l'article, on voit bien la détresse de Lume pour ce thème Disney !

3. Le dimanche 7 décembre 2014, 13:37 par Lume

De la part d'une talentueuse rédactrice de la Gazette, ce compliment me va droit au coeur !