À l'enfant d'Avril

Il est né quand avril entrouvre la lumière,
Quand le vent sent la pluie, la promesse et la mer.
Bélier au front levé, constellation ardente,
Il marche comme on ose, avec l’âme brûlante.

Grand, un peu plus haut que mes anciens tourments,
Les cheveux bruns, bouclés, indociles et charmants.
Pareils à ses idées qui jaillissent la nuit
Quand le monde s’endort et que son esprit luit.

Car il vit à l’envers des heures ordinaires,
Compagnon des écrans, des pixels, des mystères,
Geek au cœur lumineux, bâtisseur d’univers,
Explorateur discret de mille mondes divers.

Il ne m’a pas offert des promesses en or,
Ni des discours polis que l’on oublie encore.
Il m’a donné bien plus, sans le savoir peut-être :
La clé pour me comprendre, et le courage d’être.

Il m’a appris ceci, sans le dire vraiment :
Que mes défauts criards n’en étaient pas vraiment
Mais des angles de moi, des éclats, des nuances,
Des preuves que j’existe en pleine conscience.

Quand je baissais les yeux, il relevait mon ciel,
Quand je doutais de tout, il disait l’essentiel :
"Tu n'as qu'une vie. Juste une. Alors marche sans chaînes.
Ne te laisse pas retenir par la haine."


Et ces mots, dans ma nuit, furent comme un moteur,
Un feu doux dans le ventre, un battement, un cœur.
Il est devenu flamme, essence et direction,
L’élan qui pousse loin la moindre hésitation.

Il a ses ombres aussi, ses silences, ses failles,
Ses colères d’avril quand l’orage le travaille.
Mais qui n’a pas ses creux, ses replis, ses détours ?
C’est l’humain qui vacille et qui apprend l’amour.

Et malgré les saisons que l’avenir prépare,
Les chemins qui séparent, les hasards, les départs,
S’il devait ne rester qu’un mot, simple et sincère,
Ce serait un merci, immense, nécessaire.

Merci d’avoir été ce phare dans le vent,
Cette main invisible guidant mes pas tremblants.
Merci d’être encore, dans le bruit et la nuit,
Celui qui m’a appris à dire enfin : je suis.

 

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