Gilderoy, de l'amour à la haine

On ne se le cachera pas. Outre notre fondatrice, peu de Serdaigle ont vraiment fait parler d’eux après leur scolarité à Poudlard. Pourtant, de grands esprits sont passés par notre maison. En quoi Filius Flitwick n’a-t-il pas obtenu la gloire ? Peut-être parce que ses actions ne furent pas assez voyantes.

Un ancien Serdaigle cependant s'est bien fait remarquer dans le monde magique. Je parle bien sûr de ce cher Gilderoy Lockhart. Acclamé et aimé de la population en général, honoré par un Ordre de Merlin troisième classe, donné par le Magenmagot lui-même, cet ancien élève de Serdaigle avait tout pour plaire. Personne ne semblait pouvoir résister à son sourire charmeur. Puis, il y avait de quoi le récompenser, avec toutes les aventures qu’il avait vécues en si peu de temps. Ses récits, plus grands que nature, faisaient rêver tout le monde. Parce que nous rêvons tous.tes un jour de vivre des aventures extraordinaires. Être reconnu dans la rue. Être populaire. Toutefois, à force d’être sur un piédestal, on en oublie l’essentiel. Vivre, tout simplement.

Gilderoy a toujours été à la recherche d’attention. De son plus jeune âge à sa vie adulte. Sa vie c’est plutôt résumé par amour-haine-amour-haine. Avant son entrée à Poudlard, Gilderoy sera fortement couvé par sa mère, qui était la sorcière de la famille. Était-il son préféré ? Peut-être. Puisqu’entre ses sœurs et lui, il était le seul avec les capacités magiques. Le sang-mêlé a tout de suite joué de ses talents et de son privilège. Il a appris rapidement l’utilisation du sortilège d’amnésie, ce qui lui sera utile toute sa vie. Fils à sa maman, il entrera à Poudlard sous les couleurs de Serdaigle après une maigre hésitation du choixpeau qui a failli l’envoyer à Serpentard.

À Poudlard, il sera un peu le mouton noir du château. Celui que peu de gens aimeront, car il aura tendance à se mettre de l’avant, en toute circonstance. Il voulait être la vedette du collège et il faisait en sorte de l’être. Il ne serait donc pas étonnant que ses camarades aient eu une certaine haine à son encontre ou un dégoût. Car qui ici peut prétendre apprécier les gens avec des égos surdimensionnés sans lever les yeux au ciel une fois ?

Je vous passe ses faits d’armes durant ses sept années au château, mais rapidement après sa sortie de Poudlard, il partira en vadrouille et se fera un nom qui lui vaudra l’Ordre de Merlin, mais aussi le titre du Sourire le plus charmeur du Sorcière Hebdo. Tous ses livres seront des best-sellers et ses séances de dédicaces seront des plus populaires. C’était le summum de la popularité pour Gilderoy. Les gens qui ne l'appréciaient pas tellement passaient facilement pour des jaloux.

Jusqu’à l’année 1993. Embauché comme professeur de Défense contre les Forces du Mal, vu ses nombreux exploits, sa présence était salvatrice. Un dangereux basilic pétrifiait les pauvres nés-moldus. Il fallait faire quelque chose et cela tombait bien, Gilderoy était là. Il avait fait face à pire. Ou presque. Du moins, son courage et son savoir-faire n’étaient plus à démontrer, vu tous les récits qui existaient sur lui. Eh non. C’est justement durant cette nouvelle quête que le subterfuge fut dévoilé. En plus de perdre la mémoire, sa réputation était détruite. Ou pas. Sa perte de mémoire avait ça de bon. Personne ne pouvait le contredire et qui irait croire deux adolescents de douze ans ? N’étant plus que l’ombre de lui-même, à part quelques admiratrices, Gilderoy Lockhart est tombé dans l’oubli.

 

Article de Margaret Dubois. Illustration de Natacha Tchaïviev