8 mars : Helena Serdaigle

Tout le monde la connaît. Pour plusieurs, son nom est la Dame grise. Le fantôme de Serdaigle. Celle qui se promène ici et là, l'âme en peine. Toutefois, qui est vraiment la Dame grise ? De son vrai nom, Helena Serdaigle. Fille de notre Fondatrice, Rowena Serdaigle. Aujourd'hui, la trace de sa vie se promène dans l'enceinte du château, en compagnie des trois autres fantômes de maison de Poudlard.

Toutefois, pourquoi la trace d'Helena se retrouve-t-elle à Poudlard et pas ailleurs ? Tout simplement parce que son impact, lorsqu'elle était vivante, fut plus important ici, entre ces murs.

Au Moyen Âge, Helena suit sa mère qui vient ériger et diriger le Collège de Poudlard dans les profondeur de l'Écosse. Devant le succès de sa mère Rowena, reconnue comme la plus intelligente de son époque, une certaine jalousie naît chez Helena. Comme vous le savez, il n'y a un qu'un pas entre l'amour et la haine. Jalouse du succès de sa mère et du pouvoir que cette dernière avait, Helena vole le diadème qui ornait toujours la tête de sa mère. Ce qui entraîna de graves conséquences chez Rowena, qui tomba malade.

En parallèle, un autre personnage fait son bout de chemin dans le château, sans nécessairement être un des Fondateurs : Le Baron Sanglant. Le Baron était élève à Serpentard, à cette époque. Il était amoureux de la jeune Helena, qu'il avait déjà tenté d'approcher. La jeune fille l'avait repoussée. Ce qui n'empêcha pas le Baron de l'aimer secrètement. Au fait de l'attachement qu'avait le Baron, Rowena lui donna une mission. Ce qui allait se conclure de façon tragique.

Helena, consumée par la jalousie qu'elle portait envers sa mère, avait décidé de lui faire payer. Pour se venger et surtout, croyant à tort que le diadème allait lui apporter la sagesse, elle vola la tiare à sa mère et quitta le Château. Elle se rendit dans une forêt d'Albanie où elle crut que personne n'allait la retrouver et surtout, dans le but de cacher le diadème. C'était bien mal connaître le Baron.

La rencontre entre Helena et le Baron ne se passa pas comme la matriarche Serdaigle l'aurait voulu. Tentant à nouveau de s'attirer les faveur de la jeune femme, le Baron fit des avances à Helena, que cette dernière repoussa à nouveau. Enragé, le Baron tua la jeune fille, avant de s'enlever la vie également. Le diadème ne fut jamais retrouvé. Rowena Serdaigle mourut.

Autant la mort de notre Fondatrice me chagrine, autant les circonstances de celle d'Helena m'enragent. Très longtemps, ce genre de scène était monnaie courante dans les différentes œuvres littéraires ou cinématographiques. On rendait le tout romantique, à la sauce tragédie grecque. Le Baron n'obtient pas ce qu'il veut de la femme qu'il « aime », donc personne à part lui ne l'aura. Cela ressemble plus à une obsession qu'à de l'amour. Helena l'a repoussé, deux fois, c'était dans son droit. Plusieurs diront qu'il l'aimait à mourir, que c'est romantique. Mais Helena, elle ? Ne pouvait-elle pas vivre ? Pouvait-elle choisir de son propre sort ? Non. Le Baron a décidé pour elle. Mécontent, il l'a tue. Est-ce vraiment ça l'amour ? Car quand on aime, on ne tue pas.

Dans le monde magique aussi, nous faisons face aux féminicides. Cette histoire en est un exemple. Helena a fait face à son tueur pendant des siècles. Elle est éternellement hantée par sa propre tragédie.

Le 8 mars est passé. La journée internationale des droits des femmes nous rappelle, chaque année, que trop de nos consœurs font face à ces violences et surtout, que nos droits ne sont et ne seront jamais acquis.

Je crois que c'est un bon moment pour réfléchir et prendre conscience que même dans notre monde, rien n'est tout rose.

 

 

 

 

Commentaires

1. Le mardi 12 mars 2024, 22:09 par Luyana

Merci, juste merci Margaret pour ce texte. Il est si beau, si bien écrit.
Et cette fin. Merci pour ce rappel. L'amour ne tue pas, tuer ce n'est pas de l'amour, ce n'est pas romantique.
Merci pour ce rappel sur les féminicides.
Merci pour la puissance de ton texte.