Le journal des stagiaires

 

Vous avez envie de découvrir les bureaux du Chicaneur ? Vous rêvez de devenir un stagiaire de ce fabuleux journal mais vous n'osez pas encore franchir le pas. Aujourd'hui, nous vous proposons deux témoignages (à peine exagérés) de deux stagiaires : l'une très stressée et l'autre, hyperactif.
 

- Jour 1 -


Mais quelle journée ! C'est la première fois que je me rends au bureau du Chicaneur et c'est franchement stressant. Déjà rien que de passer la porte. Je toque, bien sûr, mais personne ne me répond. Pensant qu'il n'y a personne j'essaye quand de rentrer et pousse la porte. Je me dis que ce serait pas mal de faire un petit tour des lieux seule. Histoire de me familiariser à l'environnement quoi... Et bien à mon grand malheur je ne suis absolument pas seule. Je vois plusieurs paires de yeux se tourner dans ma direction, pendant que je sens mes joues se mettre à chauffer sérieusement. Mes camarades sont déjà là... Après quelques secondes de silence les discussions reprennent et fusent autour de moi pendant qu'une lancinante question tourne dans ma tête... Mais qu'est-ce que je fais là?
Je n'ai pas de don pour l'écriture ni le graphisme... Je ne déborde pas d'idées, je suis juste venue proposer un petit quelque chose et me voilà catapultée dans cet univers de chroniqueurs... J'espère qu'ils ne me mangeront pas...


Ça y est ! Ça y est ! Ça y est ! J'y suis ! La porte s'ouvre et mes yeux brillent quand je découvre enfin les bureaux du journal. Pas le temps d'écouter les mots de la rédactrice en chef, je fonce visiter les lieux, chaque bureau, saluant tout le monde à la vitesse d'une tornade avant de m'arrêter devant le coin des stagiaires. Les bureaux ne sont pas immenses mais ça suffira. Une plume, un parchemin, et hop ! Ah non... une réunion ? Pourquoi faire ? Je crois que mes nouveaux collègues regrettent déjà leur décision de me prendre en stage.
 

 

- Jour 5 -


J'ai transformé le bureau des stagiaires en un capharnaüm géant. Bon, je suis peut-être un peu expansif mais j'ai besoin de place pour laisser une totale liberté à mon imagination débordante. Première soufflante de la directrice en chef : Rangez-moi tout ce bazar !

Alors que je regarde mon collègue retourner consciencieusement l'intégralité de notre bureau, je sens une tension sournoise prendre possession de mes épaules. "Il a le droit de faire ça?" je pense en frissonnant... La réponse ne tarde pas à tomber quand la terrifiante Rita arrive tout feu tout flamme en nous ordonnant de ranger tout ça. Je n'ose pas dire que je n'ai pas bougé de mon siège.
 

 

- Jour 6 -


Je suis seule dans le bureau, mon binôme surexcité n'a pas encore pointé le bout de son nez. Alors que des restes de son explosion de la veille traînent encore ça et là, je saisis ma plume et une idée me vient. Je commence à écrire ce début d'article mais plus j'avance et plus j'hésite. Est-ce à la hauteur ?  Est-ce que je serai capable de le faire dans les temps ? Et si on me le rendait en se moquant de moi ?
 

 

- Jour 10 -


Après avoir remis en ordre mes affaires et convaincu mes collègues de me garder, je m'intéresse au dessin et rend visite à Elea. Des toiles vierges, des pinceaux, place à l'artiste. Bilan au bout de dix minutes : des taches d'encre formant une étrange œuvre dégoulinante, de la peinture plus sur le sol et sur Elea que sur la toile, un coup de pied aux fesses pour retourner dans mon bureau.
 

 

- Jour 11 -


Bon j'ai bien avancé sur ce que je devais faire. Je pense qu'il est temps pour moi d'aller me mêler un peu aux autres. Mais voilà, je suis clouée au sol derrière la porte de la salle de pause, incapable de faire un pas. Romie arrive et me prend par le bras sans me demander mon avis afin de me faire rentrer dans l'antre des chroniqueurs. Le cœur battant la chamade, je suis restée assise dans un coin sans jamais ouvrir la bouche. Au bout de quelques minutes n'y tenant plus je me suis ridiculisé d'un "faut que j'aille faire pipi" pour m'enfuir de cet antre maudit.
 

 

- Jour 18 -


Après ces débuts compliqués, j'ai été obligé de m'occuper de fournir l'équipe en cookies pour "m'apprendre à me calmer et à respecter autrui". Après deux fournées un peu trop cuites et deux brûlures, je parviens enfin à satisfaire tout le monde et regagne un peu leur estime.
 

 

- Jour 20 -


Mon premier article est terminé. Je le relis pour la vingtième fois, espérant qu'il soit assez convaincant pour être publié. Avant d'aller le déposer sur le bureau de notre rédactrice-en-chef, je dois passer par l'atelier des illustrateurs, savoir s'il peuvent habiller mon écrit. Je sors donc de derrière mon bureau, vais dans le couloirs et me dirige vers leur atelier. Mon cœur bat la chamade alors que je m'arrête devant la porte. Le silence à l'air de régner derrière alors je toque et attend en tordant nerveusement le parchemin entre mes mains. Elea vient m'ouvrir et m'invite à entrer. Je secoue négativement la tête et lui tend mon article en bafouillant des explications. Lorsqu'elle tend la main pour le prendre et que mes yeux tombent sur le morceau de parchemin tout froissé à force de l'avoir triturer dans tous les sens, je le lève en l'air en criant "NON PAS PRÊT !" et repars me tapir dans mon bureau. Bien à l'abri derrière les piles de livres et documents qui me servent de muraille protectrice autour de mon espace de travail.
 

 

- Jour 25 -


Je réussis enfin à finir un article. Satisfait, je décide de brûler tous les brouillons qui m'entoure comme pour conjurer le mauvais sort et fêter ma réussite. Panique dans le journal, inondation après beaucoup d'aguamenti de la part de Rita, la moitié de l'édition à refaire. Regard noir de toute l'équipe qui semble m'expliquer (en criant beaucoup) l'utilité d'une poubelle. JE ME SENS INCOMPRIS !
 

 

- J-2 avant la sortie de l'édition -


Il est tard le soir et les locaux sont vides. J'ai finalement réussi à déposer un article propre aux illus. Je l'ai récupéré cette après-midi magnifiquement décoré. Étant légèrement en retard, j'ai attendu qu'il n'y ait plus personne pour revenir. Je me dirige à pas de loup jusqu'au bureau de la O'Hara et dépose mon article dessus. Puis je repars aussi silencieuse qu'une ombre.
 

 

- J-1 avant la sortie de l'édition -


J'ai passé les derniers jours à nettoyer mes bêtises. Rita, ayant pitié de moi, décide de quand même publier mon article mais semble implorer l'univers pour que je quitte les locaux le plus rapidement possible. Je crois que tout le monde est d'accord avec elle. Est-ce que si je leur promets de me calmer, ils me laisseront rester ?
 

 

Jour de la sortie de l'édition


Je lève le journal devant mes yeux et sursaute en voyant mon article apparaître. Depuis que j'ai déposé l'article, j'ai fait la morte et n'ai pas remis les pieds au bureau. La peur de l'échec me tétanisant. Mais si mon écrit apparaît, ça veut peut être dire que je vais continuer un petit mois encore et avec un peu de chance j'arriverai à parler correctement à quelqu'un.



Et vous, si vous entriez au Chicaneur, quel.le stagiaire seriez-vous ?

 

 

 

 

 

Commentaires

1. Le vendredi 21 avril 2023, 00:36 par Emma

Eh bien ! Comment auto-détruire le Chicaneur en un mois, c'est plutôt réussi ! Mais sinon, j'ai beaucoup aimé cet article très drôle !

2. Le lundi 8 mai 2023, 13:55 par Luyana Aksnes

Hahaha excellent ! Très rigolo cet article mais au secours un stagiaire qui détruit tout !
J'ai beaucoup aimé cette alternance de deux caractères totalement différents, la dynamique que ça donne à l'article.