100 films pour Serdaigle : Split de M. Night Shyamalan
Par Erin le vendredi 10 mars 2017, 21:11 - N°86 - Mars 2017 - Lien permanent

Split, 2017
Réalisé par M. Night Shyamalan
Avec James McAvoy, Anya Taylor‑Joy, Betty Buckley
Vraisemblablement, les êtres qui composent l’équipe du Chicaneur sont des gens bourrés de générosité. Si. Après avoir volé la canne de Lume pour en extraire le bois et le corps de Miruku pour en extraire les reins, Catherine m’a acheté cette soyeuse place de cinéma. Et c’est ainsi que le sourire tout haut, elle me lançait : « sors de cette office, friponne, et va plutôt chez le moldu lorgner un film ». Un bon gros et délicat « dégage », si on l'interprète vite fait. Alors, j’allais toute joie regarder Split.
Split est un thriller psychologique qui met en scène un être dont le corps est habité par vingt-trois personnalités différentes. Bien sûr, et au risque de te décevoir, toutes les personnalités ne sont pas visibles, mais seulement cinq, à quelque chose près. Si tu vois ce que je veux dire *wink-wink*. Quoi ? Avec trois personnalités déjà, ce film est capable de te faire chialer, rire, et flipper ta maman à la fois. Tu veux quoi ? Que tes organes implosent ? Hein ? C’est ça que tu veux ? Tu crois que t’es émotionnellement assez solide pour ne pas péter une corde devant un film de M. Night Shyamalan ? Ne fais pas le malin. En plus, tu ne sais même pas prononcer son nom, vil pustule de sorcière.
S’il est une chose fondamentale que les films de Shyamalan me rappellent toujours c’est bien que le cinéma est un art de la manipulation. Rage pas petit monstre pro-secret, les moldus, sans magie et sans légilimancie pèsent largement plus lourd que toi dans le game de l’être et du paraître. Et si, c’est comme ça. Pour le bureau des réclamations, tu contactes mon secrétaire ci-dessous. ↓

Mais alors, comment procède-t-il le gourgandiné ? Quel est le grand secret pour démonter les esprits ? Il faut savoir qu’au cinéma, la manipulation, tant dans le fond que la forme, sera toujours présente dans une œuvre, et quelle-que-soit-elle. Oui, en gros, même Bienvenu chez les Ch’tis te manipule. Même Twillight te manipule. La preuve, regarde ce que ça à fait à notre pauvre Antasy. (Enfin bon, garde ta pitié, il a kiffé ça).
Le don sacré de Shyamalan est de te balancer, tel des stupéfix à foison, des pistes de lectures pour persuader que ce que tu regardes ici appartient à tel genre, alors qu’il s’agit en réalité de tout autre chose. Lui-même s’est exprimé ainsi dans une interview à propos de Split : « L’idée était : est-ce qu’on peut être satisfait.e d’un film alors qu’on a l’impression de voir tel genre de film et à la fin on comprend qu’on ne regardait pas du tout ce genre de film là mais un tout autre genre ? »
Cette réflexion sur le genre est très intéressante. Et si tu connais un poil le cinéma de Shyamalan, tu pourras même remarquer qu’il change sa formule habituelle dans ce film pour ne pas lancer aux habitués quelques pistes trop évidentes tant que classiques dans son œuvre.
Mais si tu veux en savoir plus quant aux doux films de ce bon monsieur au nom bien singulier, je te conseille allègrement d’aller jeter quelques yeux à son Sixième Sens, à Incassable, ou encore à The Visit. Et avec une bonne petite analyse des familles de certaines des affiches de ses films, du découvriras même quelque chose de bien fantastique. De magique, magique, magique.
Sans en dire plus, je te fais de doux bisous sur ton front petit humain, et bonne séance à toi. ♥
Made by Hildy
Commentaires
Une chronique cinéma toujours merveilleusement cool, merci Hildy. ♥
Et si comme moi vous en avez marre de trépigner pendant un mois avant de savoir quel film notre cinéphile préférée recommande pour ce mois-ci, rejoignez-nous au Club des Lumières ! On y est bien bien bien.
Et bien, tu viens de me décider à aller le voir ! Comme toujours c'est bien ficelé, avec ta petite touche personnelle, et une vraie analyse. J'aime ❤
Et je plussoie Fauve, venez, on y est bien.