De l'art d'inventer des mots
Par Erin le mercredi 11 janvier 2017, 18:57 - N°84 - Janvier 2017 - Lien permanent

Contrairement à ce que pourraient vous dire certains rigoristes ayant clairement un balai dans le fondement, une langue vivante est, par nature, vouée à évoluer. Des mots et expressions vont disparaître, d’autres apparaître, d’autres encore se transformer… Et qui mieux que les érudits que nous sommes pourrait aider la langue à évoluer vers de joyeux horizons ? Comment ? Mais en s’amusant à inventer des mots, évidemment ! Vous ne savez pas comment faire ? Laissez-moi vous donner quelques exemples.
Inventer un mot à partir de rien
Vous pouvez sortir un agencement de lettres au hasard de votre cerveau – ou d’un assemblage de lettres du Scrabble pour les plus manuels – et décider du sens que vous lui donnerez, selon qu’il ressemble à quelque chose de connu ou non. Vous pouvez faire la même chose en notant des syllabes sur des bouts de papier et en les assemblant au hasard, une technique très utilisée par les botanistes, la preuve en étant leurs Mimbulus Mimbletonia et Bubobulb.
Se la péter parce qu’on est bilingue
Parfois les mots d’une langue ne sont pas suffisants pour exprimer quelque chose, ou alors il faudrait trop de mots pour l’exprimer. Il est alors utile d’aller chercher dans d’autres langues des mots qui pourraient mieux capter notre ressenti ou notre idée… et tant pis si les autres ne comprennent pas, vous aurez l’air cultivé. Voyez donc comment réagira le prochain élève que vous appellerez Kappa pour son amour des concombres, ou les regards intrigués qu’on vous lancera lorsque vous clamerez votre amour à votre Lebenslangerschicksalsschatz.
Faire joujou avec les préfixes et suffixes
Si vous avez l’œil aiguisé – puisque clairement sans cours de langue dans ce château il n’y aurait pas d’autre moyen que vous l’ayez remarqué – vous avez sûrement observé que beaucoup de mots sont construits par assemblage de plusieurs syllabes ayant un sens propre. Les préfixes et les suffixes permettent de rajouter un sens supplémentaire au mot de base, vous pouvez donc vous amuser à qualifier une situation de quintapedesque – en référence à la terrible histoire de la naissance des Quintaped – ou parler de prétransplanage pour la préparation mentale et ses trois D.
Mettre le bazar dans les catégories grammaticales
Enfin, pour ceux qui n’ont pas envie de se prendre le chou mordeur, il existe une solution simple pour inventer de nouveaux mots : prendre un mot, et le changer de catégorie grammaticale. Allez-y, testez, vous verrez que c’est drôle de gnomer quelqu’un ou d’être un jeune trop baguette.
Rédigé et illustré par Erin, sponsorisé par les Partisan-es du Néologisme progressif
Commentaires
Quand j'ai lu "quintapédeste", j'ai pensé que ça voulait dire qu'il y avait 5 PD :DDD
C'est sympa comme article ! Par contre je me demande où tu es allée chercher ce "Lebenslangerschicksalsschatz" :')
Désolée pour le double commentaire mais je voulais rajouter que j'ai trop aimé l'illustration é_è