Keep Calm and Read a Book
Par Erin le samedi 10 décembre 2016, 16:45 - N°83 - Décembre 2016 - Lien permanent
À un moment dans notre vie de jeunes sorciers, nous avons secrètement voulu oublier une partie de notre histoire. En fait, nous avons tous au moins espéré oublier ce fameux examen de potion qui s’est terminé en catastrophe parce que vous aviez ajouté trop d’essence de dictame dans celle-ci. Ou quand vous avez été « abordé » par Hell dans le Parc par une nuit nuageuse et qu’elle a sondé vos souvenirs pour comprendre ce que vous avez fait à votre professeur de botanique. Quoi ? Ça ne vous ait jamais arrivé ? Ah bon, ça doit juste être moi.
Mais c’est ce qui arrive à Éloïse Pinson dans le roman graphique La page blanche de Pénélope Bagieu et Boulet. Assise sur un banc, dans un quartier de Paris qu’elle croit ne pas avoir l’habitude de visiter, elle ne se rappelle de rien. Même pas de son nom. Elle tente par tous les moyens d’expliquer ces oublis, qui ont le don de chambouler sa vie. Chaque hypothèses, tout aussi rocambolesques les unes des autres, ne parviennent pas à expliquer le fait qu’elle ne se rappelle de rien.
Comme lecteur, on se met rapidement à avoir, nous aussi, des hypothèses. Un peu moins délurée que l’héroïne, mais nous tentons de comprendre ce qui a bien pu se passer. Chaque page, selon moi, est un cadeau. Les couleurs, les dessins si caractéristiques de Pénélope Bagieu font que ce roman graphique reste toujours dans mon top 5 de mes lectures préférées. L’histoire en elle-même est teintée d’humour même avec un thème aussi « lourd » que la recherche d’identité, de qui nous sommes ou de la construction de soi.
Si vous voulez lire quelque chose où vous n’avez pas à vous casser la tête et qui est agréable à lire, je vous le conseille fortement. La fin laisse un petit goût doux-amer, mais quand on repense aux 154 autres pages sur les 158, on s’en remet vite fait.
Bonne lecture !
Article de Catherine, illustré par Serenity