100 films pour Serdaigle, à voir avant de se faire manger par un mangemort (sans spoiler)

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N°1 : Frantz, de François Ozon
Avec Pierre Niney ♥, Paula Beer et Ernst Stötzner


 

Non, Frantz n’est pas une version germanique de la vie d’Antz. Sinon quoi, la question suivante se poserait : est-ce qu’Ozon aurait assez de tripes pour filmer la vie d’un être qui roule pendant 1h58 ? François, les Serdaigle de P12 te mettent au défi.

À l’attente de ce projet formidable, découvrons ensemble Frantz. Le décors de ce film franco-allemand est posé dans une ambiance post-première guerre mondiale. Une époque tellement intéressante, ne serait-ce pour la reconstruction psychologique de l’être brisé, qu’elle n’est que très peu représentée au cinéma. C’est le moment de dire : bolosses.

Bon, t’es mignonne Hildy (non j’déconne, t’es moche), mais Frantz, de quoi ça parle ? Et bien Fred, c’est très simple (ou pas trop). Le protagoniste principal, Adrien (Pierre Niney t’sais) est un homme au faciès onctueux, et tellement même que ça devrait être interdit. Cet Adrien est un ex-soldat français. Au commencement du film, il se recueille sur la tombe d'un défunt soldat Allemand : Frantz. Semblerait-il qu’ils eût été amis. ET LÀ : tu vois Pierre Niney pleurer, ET LÀ, toi aussi t’as envie de pleurer, de lui faire un câlin, ou de rouler, ou que sais-je, de faire les trois en même temps. Je ne te jugerai pas.

Pendant que tu roules par terre : Adrien pleure toujours son ami perdu. Et ce jusqu’à ce qu’il se fasse repérer par la veuve de Frantz. Là se met en place toute l’intrigue du film, cette dernière chargée de moult secrets. MOULT SECRETS TE DIS-JE. Adrien rencontrera par la suite la famille de son ami et dévoilera peu à peu son amitié : mais toi spectateur, tu n’es pas teubé, et tu sais qu’il y a quelques chose de pas très net dans c’t’affaire. Mais comme c’est Pierre Niney, t’as envie de tout avaler sans t’interroger. Bon. Tu verras ensuite, par un parallélisme très subtile entre la France, l’Allemagne, le soldat, et le personnage de la veuve, que cette histoire est décidément très intrigante, et accessoirement bougrement bien foutue. Tant que, normalement, tu ne regretteras pas l’absence de fin hollywoodienne toute pourrave. Mais tu ressortiras de la salle l’âme vivifiée, et le cœur interloqué, toute fois plein de vie.

Mais j’y pense, vous-ai-je dit qu’Ozon est un sorcier ? Mais si, la vie d'ma chouette, je jure. L’homme est friand de Chocogrenouilles. Tant friand même que ses dépenses en chocolats furent apocalyptiques la saison dernière ! Résultat : le réalisateur n’avait plus un seul galion en poche pour tourner son film. Et oui, le nécessaire avant tout, comme disait l’autre. Alors quoi, comment ça s’passe ? Et bien, pas de moyen suppose des décors un peu nuls. Mais c’est là qu’est le génie de se mangeur confirmé de grenouilles chocolatées. Le bougre intellectuel s’est dit : « c’est bon, mets un filtre noir et blanc mec. Ça fera Iphone des années 20 ». (Quoi ? Qu’est-ce qu’un Iphone me demande t-on au fond ?) Bon, j’exagère, mais pas trop non plus. Cette technique marche bien ; pas besoins d’avoir de super décors pour rendre une atmosphère d’époque. Mais ce qui est magistral, c’est que sans se contenter de ça, Ozon tente d’exploiter jusqu’au bout l’utilisation du noir et blanc, et d'en faire des choses très intelligentes pour certaines scènes. Sans en dire plus, je vous incite à filer comme le vent découvrir la magie de cette technique en salle. C'est très frais.

La cerise sur le foie de veau : deuxième niveau de lecture, et le sujet de l’homosexualité. Plusieurs éléments dans le film font écho au sujet pire que délicat qu’est l’homosexualité dans les années 20. Pour ne citer que quelques-uns de ces éléments, il est : les scènes de flash-backs d’Adrien qui sont évidentes sur le sujet, son secret tellement indicible, ses tourments liés à Frantz, et blablabliblablou, d’autres choses que je ne peux révéler sans vous maraver laggle de spoil. Il s’agit là une interprétation très personnelle, (et ce même si je ne suis pas seule à l’avoir décelée), et qui, si on s’en fie, change totalement la lecture du film, du début jusqu’à la fin ! Tu es intéressé, voire allègrement inspiré n’est-ce pas ? Songes-y au visionnage, histoire d’en parler peut-être ensemble ultérieurement.

Bon à savoir : Frantz est inspiré du film américain L'Homme que j'ai tué d’Ernst Lubitsch. Vous pouvez le mater, mais de toutes façons, les films français sont intrinsèquement meilleurs. Oui, c’est du racisme.

Sur-ce, amis suaves et assoiffés de culture, je vous souhaite une délectable séance. Bisous, j’vous aime pas.

Rédigé par Hildy, illustré par Hildy et Miruku

Commentaires

1. Le dimanche 20 novembre 2016, 10:45 par Tanja

J'aime, j'aime, j'aime. L'article autant que le film d'ailleurs *-*