Keep calm and read a book
Par Camsh le jeudi 30 avril 2015, 17:32 - N°64 - Mai 2015 - Lien permanent

Vous savez ce que ça fait, d'être adolescent ? De se sentir moche, maladroit, mal dans sa peau ? D'attendre que la nature transforme le vilain canard que vous êtes en un magnifique cygne ? Eh bien, dans la saga dystopique Uglies de Scott Westerfeld, le gouvernement en a carrément fait un concept.
Des siècles après le Grand Effondrement, qui a mené l'humanité au bord de l'extinction, les survivants ont bâti des villes à la technologie avancée, où tout est régi par le principe de l'extrême beauté. Oui, vous avez bien lu. Dans ce futur, tout le monde est beau. Du moins, après l'Opération lors de leur seizième anniversaire.
La population est divisée en cinq tranches d'âge, vivant séparées les unes des autres : les Gamins, les Uglies, les Jeunes Pretties, les Grands Pretties et les Crumblies. Pourquoi une telle séparation par tranches d'âges, me direz-vous ? Tout simplement pour cacher la vérité sur l'Opération. Car non, l'Opération ne se contente pas de vous rendre beau. Elle vous rend aussiinoffensif, docile et heureux, au moyen de petites lésions dans votre cerveau. C'est le moyen qu'a trouvé le gouvernement pour empêcher guerres ou simples conflits. Qu'y a-t-il de mal à être heureux, me direz-vous ? Le problème, c'est qu'on ne vous laisse pas le choix. Vous perdez votre liberté et votre capacité de réflexion au profit de la beauté. Heureusement, le cerveau sait se guérir seul, n'est-ce pas ? Pourquoi croyez-vous qu'on sépare les Jeunes Pretties des Grands Pretties ? Tout simplement parce qu'il y a bien un moment où ces lésions se soignent, et où il faut vous éloigner de ceux qui sortent de l'Opération pour éviter que vous ne remarquiez la différence.
Dans ce monde où la beauté prime, la jeune Tally Youngblood va découvrir au fil de ses aventuresl'acceptation de soi, l'importance de la liberté, de la réflexion et de l'intégrité. Elle va comprendre que la beauté n'est pas qu'extérieure, et que c'est une grande perte que de renoncer à ce que l'on est pour ressembler à tout les autres.
« Ou peut-être qu'après l'Opération - après qu'on vous a écrasé et allongé les os pour leur donner la bonne forme, raclé le visage et arraché toute la peau, et collé des pommettes en plastique pour vous donner exactement la même tête qu'à n'importe qui - peut-être qu'après avoir subi tout ça, vous n'êtes plus très intéressant. »
Des siècles après le Grand Effondrement, qui a mené l'humanité au bord de l'extinction, les survivants ont bâti des villes à la technologie avancée, où tout est régi par le principe de l'extrême beauté. Oui, vous avez bien lu. Dans ce futur, tout le monde est beau. Du moins, après l'Opération lors de leur seizième anniversaire.
La population est divisée en cinq tranches d'âge, vivant séparées les unes des autres : les Gamins, les Uglies, les Jeunes Pretties, les Grands Pretties et les Crumblies. Pourquoi une telle séparation par tranches d'âges, me direz-vous ? Tout simplement pour cacher la vérité sur l'Opération. Car non, l'Opération ne se contente pas de vous rendre beau. Elle vous rend aussiinoffensif, docile et heureux, au moyen de petites lésions dans votre cerveau. C'est le moyen qu'a trouvé le gouvernement pour empêcher guerres ou simples conflits. Qu'y a-t-il de mal à être heureux, me direz-vous ? Le problème, c'est qu'on ne vous laisse pas le choix. Vous perdez votre liberté et votre capacité de réflexion au profit de la beauté. Heureusement, le cerveau sait se guérir seul, n'est-ce pas ? Pourquoi croyez-vous qu'on sépare les Jeunes Pretties des Grands Pretties ? Tout simplement parce qu'il y a bien un moment où ces lésions se soignent, et où il faut vous éloigner de ceux qui sortent de l'Opération pour éviter que vous ne remarquiez la différence.
Dans ce monde où la beauté prime, la jeune Tally Youngblood va découvrir au fil de ses aventuresl'acceptation de soi, l'importance de la liberté, de la réflexion et de l'intégrité. Elle va comprendre que la beauté n'est pas qu'extérieure, et que c'est une grande perte que de renoncer à ce que l'on est pour ressembler à tout les autres.
« Ou peut-être qu'après l'Opération - après qu'on vous a écrasé et allongé les os pour leur donner la bonne forme, raclé le visage et arraché toute la peau, et collé des pommettes en plastique pour vous donner exactement la même tête qu'à n'importe qui - peut-être qu'après avoir subi tout ça, vous n'êtes plus très intéressant. »
Shay - Uglies
Outre la leçon d'acceptation de soi que livre cette œuvre, elle peut également être très amusante, pour nous les sorciers. En effet, l'auteur se croit original et avant-gardiste en proposant des idées telles que la planche magnétique, qui n'est autre que notre balai volant en moins bien, puisqu'elle ne peut voler qu'au-dessus de gisements de métaux. Vous rirez aussi des combinaisons furtives, qui s'inspirent tout bonnement de nos capes d'invisibilité, et des chirurgiens qui s'embêtent à créer des lésions dans le cerveau alors qu'il suffirait d'un bon Sortilège d'Amnésie pour régler la question !
Enfin, n'étant pas la seule chroniqueuse du Chicaneur à avoir apprécié cette saga, je vous propose l'avis de Lume de Dio, qui malgré ses origines Vélanes, a compris que la beauté ne fait pas tout. La preuve, il est à Serdaigle.
« Le passage qui m'a le plus plu, dans Uglies, est sans nul doute celui qui réunit Shay et Tally, les deux grandes amies, dans la chambre de Tally. Elles "jouent" avec un logiciel visant à redessiner leurs traits à partir d'une photographie d'elles.
Ce passage est caractéristique de l'ambiance qui règne dans le livre. Ces enfants apprennent à se détester, à haïr leur visage. Tous les enfants de ce monde se donnent des surnoms rappelant leur physique disgracieux d'adolescent, "Gras Double", "Bigleuse" etc. Ils sont séparés de leurs parents, leurs parents qui les aiment, qui les ont sans doute trouvés beaux, alors même qu'ils étaient encore couverts de sang et de placenta.
On leur apprend à se détester, à noter les détails qui tuent, à cracher sur les autres tout en crachant sur eux-mêmes. C'est très malin : comment voulez-vous vous révolter, alors qu'autour de vous, on vous répète que vous êtes immonde ? Comment voulez-vous être sûr de vous, de ce que vous avancez ? Comment voulez-vous même penser à autre chose que votre reflet quand tout le monde autour de vous ne pense qu'à cela ? Vous n'êtes rien, vous ne correspondez pas à cet idéal physique érigé en normalité et cela suffit aux autres pour estimer que vous ne valez rien en dedans. C'est une violence monumentale...que nous retrouvons aujourd'hui, dans les couloirs de Poudlard où l'on s'appelle par noms d'oiseaux délicats. »
Enfin, n'étant pas la seule chroniqueuse du Chicaneur à avoir apprécié cette saga, je vous propose l'avis de Lume de Dio, qui malgré ses origines Vélanes, a compris que la beauté ne fait pas tout. La preuve, il est à Serdaigle.
« Le passage qui m'a le plus plu, dans Uglies, est sans nul doute celui qui réunit Shay et Tally, les deux grandes amies, dans la chambre de Tally. Elles "jouent" avec un logiciel visant à redessiner leurs traits à partir d'une photographie d'elles.
Ce passage est caractéristique de l'ambiance qui règne dans le livre. Ces enfants apprennent à se détester, à haïr leur visage. Tous les enfants de ce monde se donnent des surnoms rappelant leur physique disgracieux d'adolescent, "Gras Double", "Bigleuse" etc. Ils sont séparés de leurs parents, leurs parents qui les aiment, qui les ont sans doute trouvés beaux, alors même qu'ils étaient encore couverts de sang et de placenta.
On leur apprend à se détester, à noter les détails qui tuent, à cracher sur les autres tout en crachant sur eux-mêmes. C'est très malin : comment voulez-vous vous révolter, alors qu'autour de vous, on vous répète que vous êtes immonde ? Comment voulez-vous être sûr de vous, de ce que vous avancez ? Comment voulez-vous même penser à autre chose que votre reflet quand tout le monde autour de vous ne pense qu'à cela ? Vous n'êtes rien, vous ne correspondez pas à cet idéal physique érigé en normalité et cela suffit aux autres pour estimer que vous ne valez rien en dedans. C'est une violence monumentale...que nous retrouvons aujourd'hui, dans les couloirs de Poudlard où l'on s'appelle par noms d'oiseaux délicats. »
Article d'Erin, avec la participation de Lume, illustré par Serenity
Commentaires
Ah mais c'est horible ce truc, ils sont complétement barjo les gens.
Et quand je voisce qui se passe dans au bal de printemps, je truove que c'est plutôt l'amour qui dommine plutôt que la violence non?
Oui, comme un kiwi?
C'est décidé, je vais le lire, ce livre! Ces livres. L'étude de l'histoire est super, merci Lume et Serenity!
C'est Erin qui a fait le plus gros boulot sur l'article tu sais ^^ Je n'ai fais que donner mon avis ! Mais je suis content de t'avoir donné envie de lire la série Uglies !
(Lume et Erin, moi j'ai juste illustré ^_^ )
Ouaiiiis, un autre livre à mettre sur ma looongue liste ! Je le note de suite, ça a l'air vraiment bien, pile le truc post-apocalyptique que j'adore. Merci Erin et Lume, et bravo Serenity pour la bannière : superbe, comme toujours.
Peut-être un peu facile comme dystopie, non ?
La cohérence est absolue ou on y trouve des failles ?
Car j'ai peur qu'à trop se concentrer sur le superficiel pour amener la profondeur, le livre se laisse entraîner dans une dynamique qui le pousse à se soumettre au système qu'il désire pourtant critiquer.
Je t'accorde, Elydiasm, que c'est une dystopie un peu plus légère que, par exemple, 1984. Mais s'il y a une chose dont je peux t'assurer, c'est de la cohérence de cette saga ! Contrairement à ce que pourrait laisser penser mon article, les personnages de la saga passent leur temps à voir plus loin que l'apparence, à dépasser les limites de ce qu'on leur dit possible, à chercher à ressentir par eux-même plutôt que de se laisser dicter leur vie par des lésions ! C'est justement ce qui fait d'eux ceux qui vont renverser le système !
Et puis si tu n'es pas d'accord, tu n'as qu'à lire la saga et on en reparlera après (aa)
J'avais entendu parler de ce livre, et ça m'a donné envie de le lire x) Du coup, merci pour cet article !
PS : Tous les Serdaigle sont beaux <3
J'avais entendu parler du livre et hésité franchement avant de l'aborder mais là, tu as su me convaincre de le tester ! Merci pour les avis apportés et belle synthèse dans cet article, sans trop dévoiler non plus ce qu'on peut y trouver.