C'est une bonne situation ça, scribe ?
Par Camsh le vendredi 29 août 2014, 21:33 - N°56 - Août 2014 - Lien permanent

Si
vous désirez un jour visiter
l'Égypte comme un moldu,
vous serez peut-être tentés d'utiliser leur moyen de transport pour
vous y rendre, à savoir une grosse cage en acier qui vole toute
seule (et j'aimerais bien savoir comment, puisqu'ils ne peuvent pas
utiliser la magie). Après avoir réfléchis longuement à l'aspect
financier de la chose et visionné quelques actualités moldues, j'ai
préféré éviter de mettre ma précieuse vie en péril, et je me
suis contentée d'un bon vieux portoloin. Et hop, en quelques
secondes, voilà que je me retrouve en Égypte, les fesses dans le
sable et une brosse à cheveux édentée en mains.
Choisir
le portoloin a de toute évidence été une sage décision, puisque
j'allais être condamnée à me
déplacer comme une moldue pour le reste du voyage.
Et les moldus égyptiens n'utilisent pas les mêmes transports que
les moldus européens, certainement pas. Si
vous avez le mal de mer, imaginez-vous un instant à dos de chameau.
Pire que des hippogriffes complètement saouls, les chameaux se
déplacent en faisant de brusques et insupportables va-et-vient
d'avant en arrière, de quoi vous laisser une nausée
plus violente que si vous aviez nettoyé les toilettes de Wilde.
Paniquée, j'ai fini par me jeter à terre, pour mon plus grand
désarroi et le plus grand amusement des autres touristes qui
m'accompagnaient. J'ai donc terminé le reste du voyage à dos d'âne.
Ça n'était absolument pas plus confortable, mais au moins, c'était
supportable pour mon estomac.
Après
des heures de voyage très désagréables, j'ai enfin pu visiter
la très
célèbre pyramide de Khéops.
De toute évidence, il n'y a que des moldus pour créer un tel
édifice juste pour leur propre tombe. Il paraît que de nombreux
pauvres païens se sont perdus dans les dédales des
couloirs creusés dans les pyramides, en essayant de retrouver les
trésors qui accompagnaient le cercueil des pharaons. Aucune angoisse
de mon côté, car avec ma baguette
magique glissée dans mon sarouel (horrible
pantalon moldu porté pour ne pas me faire repérer auprès des
autochtones), il m'aurait suffit d'effectuer le Sortilège Pointe au
Nord pour sortir aisément de ce sombre mais magnifique endroit.
Il
semble cependant évident que les
sorciers ne vivent pas nombreux en Égypte, ou alors ils sont
extrêmement fainéants,
car sinon ils auraient pensé à utiliser leur don pour irriguer
un minimum leur beau pays.
La principale source d'eau égyptienne, le Nil, ne fertilise que très
peu de terres autour de lui, laissant plus de 85% du pays
complètement desséché, comme en attestent le désert de Lybie et
de Nubie. Honnêtement, avouez que vous aussi vous y avez pensé : un
petit coup d'Aguamenti par-ci par-là, et les palmiers pourraient
s'épanouir un peu partout.
Passons
au-dessus des moyens de transport, de l'architecture et de
l'agriculture pour en arriver à un autre point intéressant. C'est
en Égypte que j'ai enfin découvertpourquoi
les roux souffraient d'ostracisme partout dans le monde (sisi),
et la réponse se trouve dans les vieilles légendes égyptiennes.
Parmi les dieux égyptiens les plus connus se trouvent les enfants
de la déesse du ciel :
Osiris, Harvêris, Seth, Isis et Nephthys. Osiris,
bel homme bronzé et noir de cheveux,
marié à sa soeur Isis (petite coutume bien sympathiquounette de
l'époque), était bon
et gentil tout plein avec son peuple.
Jusqu'à ce qu'il se fasse assassiner par son frère (autre petite
coutume assez récurrente en ces temps) Seth, l'incarnation
du mal,
qui lui avait les cheveux
roux et la peau très blanche (comme
tous les roux, vous me direz). On le disait roux comme un âne roux,
et c'est pour cela que cet admirable animal lui a été consacré
(trop d'honneur). Entendez bien que c'est ce que j'ai pu trouver dans
les vieilles archives égyptiennes, mais je n'ai pas pu trouver un
seul âne roux pendant tout mon séjour sur place malgré ma bonne
volonté.
Alors,
l'Égypte. Une
destination de voyage sorcier à conseiller ?
Et
bien oui, et sans modération. Malgré ses transports
moldus inconfortables et puants, son café écoeurant de gingembre et
ses légendes douteuses,
l'Égypte est un pays à voir au grand minimum une fois par
an dans
sa vie. Les
paysages sont à couper le souffle, les complexes architecturaux
construits par des mégalomanes incestueux et mourants vous
laisseront sans voix, et même si on ne peut se baigner dans le Nil
pour je ne sais quelle obscure raison, ce dernier est merveilleux à
contempler.
Viendez viendez, amis sorciers !
Article rédigé et illustré par Serenity Railgun