Musique d'empiaffiés

Musique d’empiaffiés



Si jamais on avait l’idée de demander à quoi ressemble le bruit que fait Serdaigle, la première réponse venant des membres des trois autres maisons aurait été nette et sans appel : on piaille. On caquette. On glousse, on s’égosille, on jase, on pépie, on piaule. A ceci près qu’ils auraient bien été incapable d’employer un vocabulaire si large. Mais oui, dans l’idée, on pousse de terribles cris d’oiseaux, et c’en est infernal. Ou ils exagèrent probablement le fait que ça soit si horrible, car soyons honnêtes, ils n’ont rien d’autres à nous reprocher. Surtout que tout ceci n’est en fait qu’un chant mélodieux, mais de diverses origines…

Tout d’abord, il y a les petits poussins, les petits oiseaux. Certes, ils mettent des couleurs chamarrées dans la salle commune, ne savent pas encore très bien se comporter en société, et ne sont pas toujours des plus aimables, dans leur piaillement. Mais nous savons tous que ça ne durera pas… alors on peut leur excuser leurs faux-pas et les laisser nous envahir avec leurs cris aigus. Car eux aussi vont grandir.

Puis il y a les mésanges, qui ont pris la peine de revêtir un peu de bleu, couleur espoir. Elles maîtrisent l’art du chant, mais restent dans les tons aigus, piquant parfois, pour nous faire une piqure de rappel « Eh oh, nous sommes là pour notre maison ! ». Et même si on n’entend pas toujours leur mélodie, elles travaillent dans l’ombre, discrètes, et poussent notre maison.

Moins nombreux, nous retrouvons les mouettes. On ne sait pas vraiment ce qu’elles font là et elles crient plus qu’elles ne chantent. Cependant, elles nous laissent rêveur, on pense aux vacances, au bon temps que l’on va prendre avec elle… car même sans faire grand-chose au sein de la maison, elle ramène un peu de sable. Un peu de bronze.

Le merle, lui, se cache entre deux fauteuils de la salle commune. Noir, noir, noir. Mais ce n’est que son plumage, car dans son cœur, c’est un ange qui se profile… un ange qui vagabonde un peu partout, et qu’on entend depuis l’autre bout du château. Alors question vocalises, ce n’est pas le plus discret, mais qui le lui reprocherait ?

Ensuite, les chouettes et le hibou. Ce ne sont pas de transporteurs de courriers, non. Mais ce sont eux qui font tout le travail, chez nous. Qui nous semble peut-être un peu effrayant un premier abord, mais qui sont les plus adorables quand on les connait un peu. Bien sûr, ils ne feront jamais assez de bruit pour que leur musicalité se fassent percevoir comme suffisante. On a toujours quelque chose à leur reprocher, mais justement, si on pense tant à ce qu’ils font, c’est qu’on les aime.

Et enfin, il y a tout un tas d’oiseaux bigarrés, aux couleurs chaudes, de grandes ou petites tailles, qui se fondent dans la masse ou qui sont partis voler vers d’autres contrées. Il y a aussi ceux qui font tout pour se faire repérer, ceux qui chantent ou braillent plus fort que les autres. Un tas d’univers, un tas de volatiles réunis dans une même maison. Mais ce n’est pas pourtant une raison pour nous laisser traiter de noms d’oiseaux. Car ce n’est pas une cacophonie que l’on provoque en chantant tous, mais bien une symphonie. Et si l’on s’accorde sur la meilleure des partitions, celle de notre maison, on produira la plus belle des musiques.

Article rédigé par Alexeievna.

Commentaires

1. Le dimanche 9 juin 2013, 12:08 par Léina Alazerda

Lire l'article en écoutant la musique... on se prendrait pour un perroquet qui a envie d'imiter les bruits de tout les oiseaux du monde mais qui ne fait qu'un bruit bizarre... malédiction de la voix de crécelle ^^